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Les progrès de la lutte contre la corruption dissipent les craintes liées aux risques politiques en Chine : carte des risques politiques d’Aon 2016


  • La levée des sanctions réduit les risques politiques en Iran, mais a des répercussions sur l’ensemble de la région.
  • La persistance des prix bas du pétrole intensifie les risques politiques dans des Etats déjà fragiles.
  • Le Brésil devra faire face à des problèmes économiques et politiques avant Rio 2016.

Paris, le 8 mars 2016 Aon Risk Solutions, la division mondiale de la gestion des risques d'Aon plc (NYSE : AON), publie sa carte des risques politiques 2016 pour les marchés émergents. Elle indique que les lois anti-corruption et la levée des sanctions ont respectivement réduit les risques politiques en Chine et en Iran, tandis que d’autres Etats luttent pour contrecarrer les risques économiques induits par les prix bas des matières premières.

La carte des risques politiques d’Aon passe au crible 162 marchés émergents au travers de 168 facteurs de risque. 19 années de données permettent à Aon de suivre les risques politiques de façon systématique dans les marchés émergents, de déterminer les tendances, de mesurer les expositions et de passer en revue les éventuels problèmes auxquels ils peuvent se heurter quand ils envisagent d’investir, de se développer et de se diversifier.

"Pour la première fois depuis des années, des « poids lourds » du risque politique – Iran, Ethiopie, Chine, Pakistan et bientôt Cuba et Argentine - voient leur situation s’améliorer, résultat encourageant de réformes et d’évolutions politiques et économiques, qui devront être poursuivies pour entériner cette tendance positive. Pour autant, l’impact de la baisse durable du prix des matières premières sur l’économie mondiale pourrait avoir des répercussions considérables sur la stabilité politique de certains pays, qu’il s’agisse des pays producteurs ou de leurs voisins", déclare Louis Bollaert, directeur Crédit, Risque politique et Caution au sein d’Aon France.

Les efforts de la Chine en matière de lutte anti-corruption, se traduisent par une réduction des risques dans ce pays, mais ils peuvent les amplifier à l’étranger

L’année dernière, les mesures anti-corruption ont ainsi contribué à réduire les risques politiques en Chine. Toutefois, les récents problèmes de mise en œuvre de ces mesures et l’incertitude politique ont assombri le tableau. Le rééquilibrage et le ralentissement de la deuxième économie mondiale semblent représenter des défis pour les voisins et les partenaires commerciaux de la Chine. Ces derniers pourraient connaître une augmentation des risques politiques et économiques du fait du changement de rythme et de composition de la croissance chinoise. Il y a eu récemment des signes d’amélioration dans la communication de la politique chinoise, mais les risques persistent, notamment autour du développement de l'effet de levier dans le système bancaire.

Les perspectives de nombreux marchés émergents reposeront sur la capacité des hommes politiques à mettre en œuvre les réformes auxquelles ils se sont engagés. Cela permettra d’attirer plus d’investissements à un moment où la faiblesse du commerce mondial et de la croissance économique accroit la concurrence dans la course aux capitaux. Jusqu’ici, de nombreux plans de réformes structurelles ont déçu. Ils ont affaibli la croissance et diminué la résistance aux chocs. Cette année, l’Inde et l’Indonésie sont sur le devant de la scène : leurs bilans sont certes plus solides que ceux de leurs pairs, mais ils ont eu des difficultés à mettre en œuvre certaines politiques, condition indispensable à la réduction des risques.

La levée des sanctions réduit les risques politiques en Iran, mais les comportements futurs doivent être étroitement surveillés

En Iran, la mise en œuvre du Plan global d'action conjoint (JPCOA) levant certaines sanctions internationales, a permis d’améliorer la notation des risques politiques en 2016, qui était très élevée. Mais le rôle que seront amenés à jouer les Gardes Révolutionnaires et certains édiles dans l’économie iranienne n’est pas encore défini, et donc l’environnement opérationnel reste flou. Une position plus ferme du gouvernement pourrait conduire à une intervention iranienne ailleurs dans la région et perpétuer les risques politiques régionaux.

"La retour de l’Iran sur les marchés mondiaux augmentera l’offre en pétrole puis en gaz, notamment en Europe", a déclaré Rachem Ziemba, Directrice générale de la recherche chez Roubini Global Economics. "L’Iran dispose d’une économie plus diversifiée que celle de nombreux pays du Moyen-Orient et de l’Afrique et s’adaptera plus facilement aux prix bas du pétrole."

"La levée des sanctions va donner un coup d’accélérateur à l’économie avec l’entrée ou le retour de certains pays et donc de certains marchés sur l’échiquier mondial. Ces mesures ont donc permis d’obtenir des résultats sans nécessiter d’action militaire, posant ainsi la question de la « Sanctions-Led Diplomacy ». Les sanctions économiques, embargo en tête, sont en passe de devenir le recours préférentiel des gouvernements, avec pour corollaire une forte augmentation de l’imprévisibilité sur le Grand Export", déclare Ben Heaney, Responsable des Risques politiques chez Aon France.

Le prix bas du pétrole aggrave la fragilité existante sur les pays pétroliers

L’impact des prix de l’or noir dans les marchés exportateurs de pétrole déjà fragilisés tels que l’Irak, la Libye, la Russie et le Vénézuela, est en tête des risques politiques auxquels sont confrontés les investisseurs sur les marchés émergents en 2016. La carte des risques politiques d’Aon 2016 indique que les pays dotés d’institutions plus solides et de plus grandes réserves de devises étrangères seront mieux positionnés pour minimiser les risques de non-paiement de la dette souveraine et le transfert des devises. Les membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) ainsi que la Colombie, la Malaisie et le Kazakhstan sont également concernés. En revanche, les pays qui pourraient bénéficier du pétrole à bas coût, comme l’Égypte, la Tunisie et le Maroc pourraient aussi être affectés par la dégradation de la sécurité dans des pays voisins tels que l’Irak, l’Algérie, le Nigéria, la Libye et la Syrie.

"Les pays pétroliers doivent trouver des substituts à la perte de revenus. On commence à mesurer les impacts de « la nouvelle normalité » du prix du pétrole, avec des cours au plus bas depuis fin 2014. Ces pays se trouvent dans une position peu enviable où ils doivent réaliser des économies, mais également maintenir l’ordre public, souvent via des subventions coûteuses. Dans la mesure où rien n’indique que les prix du pétrole reviendront à leurs niveaux antérieurs, l’agitation dans de nombreux pays producteurs de pétrole devrait se poursuivre et même s’aggraver", estime Ben Heaney, Responsable des Risques politiques chez Aon France.

Les prix bas du pétrole exacerbent les risques de non-transfert des devises, exercent une pression sur les entreprises et les individus confrontés à des besoins de change et découragent les investisseurs. En parallèle, les revenus plus faibles augmentent le risque de non-paiement de la dette souveraine. Les déficits budgétaires gouvernementaux augmentent et exercent une pression sur les banques qui, en retour, durcissent le crédit dans les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), les pays de la Communauté des Etats Indépendants (CEI) et les pays africains producteurs de pétrole. Dans certains pays plus vulnérables, les arriérés du gouvernement augmentent et exercent une pression encore plus forte sur le secteur privé.

Les conflits actuels entre les pays et les acteurs non gouvernementaux créent des niveaux accrus de violence politique et présentent d’autres risques. L’action des groupes extrémistes au Moyen-Orient et en Afrique, notamment l’EI et Boko Haram qui tirent avantage de la porosité des frontières et de la faiblesse des institutions, se durcira dans les pays touchés par ce phénomène qui sont pour la plupart déjà affectés par les prix bas du pétrole. Même dans les pays qui semblent plus résistants, l’augmentation des impôts et du chômage s’ajoute aux pressions politiques et il y sera difficile de surmonter d’autres chocs.

Les Jeux Olympiques arrivent au milieu de l’agitation au Brésil

Alors que Rio de Janeiro se prépare à accueillir les Jeux Olympiques d’été 2016, la plus longue récession du Brésil depuis les années 30 pèse encore lourdement sur le pays. Bien que de nombreux facteurs de la crise soient politiques, notamment l’impasse entre les partis qui a laissé des politiques fiscales et économiques dans un grand flou, l’augmentation du chômage et la baisse des salaires posent problème à la fois aux ménages et aux entreprises. En 2016, les actifs douteux dans les banques d'État continueront à creuser la dette et les intérêts de cette dette deviendront de plus en plus coûteux tandis que l’actuel blocage politique minera la capacité du pays à surmonter toute une série de chocs économiques, sociaux et sanitaires, notamment le virus Zika.

"L’économie brésilienne connaît le ralentissement le plus long de son histoire contemporaine, alors que le pays se prépare pour Rio 2016", a déclaré Paul Domjan, directeur général de Roubini Global Economics. "La conjoncture économique pèse sur les perspectives commerciales et cela pourrait s’aggraver encore pour les sociétés locales. Les réserves de capitaux du Brésil sont en train de s’épuiser. Même l’avantage résultant de l’éradication de la corruption a des dommages collatéraux importants, tels que la judiciarisation de la vie des affaires..."

Pour plus d’informations sur la carte des risques politiques d’Aon, consultez le lien suivant : aon.com/2016politicalriskmap

Pour télécharger la Carte des risques politiques Aon 2016, cliquez ici.



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